Sur la route avec les électeurs américain 2017

Au cours des 100 jours qui ont suivi l’élection de Donald Trump, une photographe a rencontré ses admirateurs et ses détracteurs – lesquels ne sont pas aussi identifiables qu’on pourrait le croire.


Quoi de plus américain que le concept de road-trip ? Dans la culture populaire, les virées en voiture revêtent un côté presque mythique et ont inspiré de nombreux artistes – dans Les Raisins de la Colère de John Steinbeck, la famille Joad se rend en Californie dans l’espoir d’une vie meilleure, Boby Dylan a revisité l’autoroute Highway 61 , et Jack Kerouac est connu pour avoir rédigé Sur la Routeen trois semaines, capturant parfaitement l’incertitude et l’excitation inhérentes à ces voyages.

Naomi Harris est aussi coutumière des road-trips. Née au Canada, elle a écumé les quatre coins de son pays pour y faire des reportages – sur des sujets aussi divers que le quotidien de jumeaux albinos et la plus grosse cafetière au monde – avant d’obtenir sa carte verte. Aux États-Unis, Harris s’est mis en tête de chroniquer les 100 premiers jours de présidence de Donald Trump. Elle a fait le tour du pays en photographiant les personnes qui croisaient sa route, et leur a demandé pour qui ils avaient voté. Au cours de son périple, elle a souvent dormi sur des parkings de Walmart, avec son chien pour seule compagnie.

On lui a demandé de nous résumer son projet en quelques lignes. — Liz Renstrom & Alex Norcia



Le 8 novembre 2016, soit le jour de l’élection, j’étais dans un avion pour Paris où je devais fêter l’anniversaire de ma mère. Cette élection était particulièrement importante pour moi, puisque c’était la première fois que je pouvais voter. Bien que mon candidat favori, Bernie Sanders, ait perdu les primaires, j’étais persuadée qu’un démocrate allait remporter l’élection. Alors que j’étais en train de piquer du nez, le pilote a fait une annonce : Donald Trump venait d’être élu président. Plusieurs personnes ont laissé échapper un cri de surprise, d’autres ont applaudi. Au cours des deux heures suivantes, un silence pesant s’est installé.

Je ne sais pas trop si j’étais désorientée par le décalage horaire ou ma propre incrédulité, mais j’avais l’impression d’être dans le brouillard. Mon fil d’actualités Facebook s’est trouvé envahi de messages désespérés. Puis j’ai regardé les informations, et je me suis demandé : qu’allait-il se passer durant les premiers jours de sa présidence ?


Dans les années 1930, Franklin D. Roosevelt a évoqué cette période des 100 jours (bien qu’il se référât au Congrès, et non pas à sa propre présidence), qui est désormais employée pour déterminer ce à quoi le pays doit plus ou moins s’attendre. Le 20 janvier, alors que Trump devenait officiellement notre président, j’ai entamé mon périple. J’ai passé 100 jours sur la route, histoire de tenter de comprendre comment les sondages et les médias avaient pu se planter aussi royalement. Je voulais parler avec des Américains de toutes sortes, les photographier, et comprendre pour qui ils avaient voté – et pourquoi.


Vidéo associée : Avec les bikers chrétiens de Caroline du Sud 




Sans itinéraire défini, je suis partie de Washington DC et j’ai traversé le pays, en laissant les informations et la météo dicter mon voyage. Je suis allée dans le Sud, à Palm Beach en Floride, puis je suis partie vers l’ouest, en longeant la frontière au Texas, au Nouveau-Mexique et en Arizona – là où Trump avait suggéré de faire ériger son mur. Arrivée au nord de la Californie, j’ai fait demi-tour pour aller dans la Rust Belt. Au total, j’ai fait 19 États. J’ai terminé mon projet le 29 avril, à Niagara Falls, dans l’État de New York.

J’étais surprise de constater que la plupart des gens croisés étaient peu optimistes quant à la présidence de Trump – ils semblaient surtout désabusés par rapport à la politique dans son ensemble. Beaucoup de démocrates m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas se résoudre à voter Hillary Clinton (souvent pour les mêmes raisons : Benghazi, ses sombres affaires de mails, sa paie exorbitante pour intervenir à Wall Street). Des Républicains qui ne prenaient pas Trump au sérieux m’ont aussi expliqué pourquoi ils refusaient de voter pour elle. D’autres m’ont dit que les médias n’avaient pas parlé de Bernie Sanders de manière objective, ou qu’ils n’aimaient pas la direction que prenait le parti démocrate.

Je pense que la meilleure manière de résumer ce projet est une citation du musicien Daryl Davis : quand je l’ai photographié, il a comparé l’Amérique à un os cassé que personne n’avait jamais pris le temps de réparer. Avec un président comme Trump, les problèmes liés au racisme, aux inégalités et à la liberté d’expression refont surface. « parfois, un médecin a simplement besoin de casser un os pour de bon pour le reformer », a-t-il déclaré. « C’est ce dont l’Amérique a besoin. »

Wayne Byrd, président de l’Association de Préservation de l’Héritage, et sa femme Susan. Le groupe se réunit chaque samedi devant le musée des Beaux-arts de Danville pour manifester contre le retrait du drapeau confédéré. Ils ont voté pour Trump. Danville, Virginie. 15 avril 2017.



Rita Pamela Taylor vit à la frontière mexicaine. Elle laisse des bouteilles d’eau dans des glacières devant sa maison pour ceux qui passent la frontière. Elle a rencontré son mari, un Américano-Mexicain, en Angleterre, au cours de son service au sein de l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale. Puis, elle a immigré aux États-Unis après la guerre. Elle a voté pour Trump. Brownsville, Texas. 24 février 2017.
Jacob Mann, un agent de sécurité de 27 ans qui travaille dans des mines de charbon. Il a voté pour Obama à la dernière élection mais il n’a pas pu se résoudre à voter pour Clinton. Harlan, Kentucky. 5 avril 2017.



Angel Modersohn est membre d’Overpasses for America, un mouvement populaire « non partisan » qui valorise la constitution américaine et cherchait à élire un gouvernement qui représente les valeurs de la constitution. Ce jour-là, le groupe exprimait son soutien au président. Elle a voté pour Trump. Kansas City, Missouri. 26 mars 2017.
Gabriel Carter, un Amérindien, faisait de l’auto-stop quand je l’ai rencontré. Il a passé des mois à bord du Grand Enchantment Trail pour faire du prosélytisme au nom de Jésus. Il n’a donc pas pu voter aux dernières élections. Toutefois, il avance qu’il aurait voté pour Clinton. Along Highway 60, en dehors de Socorro, Nouveau-Mexique. 8 mars 2017.



Katelyn Brommel fait partie des 6,1 millions d’Américains qui ne peuvent pas voter à cause de la loi relative au droit de vote des condamnés. Elle aurait aimé voter pour un indépendant, et choisi Clinton plutôt que Trump. Austin, Texas. 18 février 2017.
Bob et Sharon Colvin live in one of the poorest cities in America, in Palm Beach County, the same county where Mar-a-Lago, or the « Winter White House, » is located. Staunch Christians, they believe Trump was preordained to win, and that he’ll ultimately bring Jesus back. Pahokee, Floride. 4 février 2017.



FFaron Floyd, qui travaille pour American Airboats Corps., pense que les affaires se portent beaucoup mieux depuis que son candidat favori, Trump, a remporté l’élection. Il a gardé cette décoration devant son magasin pendant toute sa campagne. Orange, Texas. 13 février 2017.
James Watson (à gauche) et Jeremiah Perry (à droite) votent républicain depuis toujours. Tous deux m’ont confié qu’ils auraient refusé de voter pour une femme, qu’elle soit républicaine ou non. Ils ont voté pour Trump. Ferguson, Missouri. 27 mars 2017.
River Song (à droite) et sa fiancée, Tiffany Booe (à gauche) se sont abstenus. Song juge que les deux candidats étaient « mauvais ». Booe, une ex-Marine actuellement poursuivie pour un crime, n’a pas le droit de voter. Ils avaient très peur que le Kentucky suive l’exemple de la Caroline du Nord concernant la loi controversée sur les toilettes publiques. Louisville, Kentucky. 4 avril 2017.



Roger Frederick, membre d’Overpasses for America, n’a pas particulièrement froid aux yeux quand il s’agit de parler de son candidat préféré. Kansas City, Missouri. 26 mars 2017.
Quand j’ai demandé à Nan Harper, qui travaille pour l’agence immobilière Island Realty, elle s’est écriée : « Donald Trump ! ». Pensacola Beach, Floride. 9 février 2017.
David Kostya, 56 ans, est syndicaliste et fier de l’être. Il travaille pour une entreprise produisant de l’aluminium depuis 38 ans – un job qu’il a dégoté quatre jours après avoir fini le lycée. Il a voté pour la première fois à 20 ans et a toujours choisi un candidat démocrate dans le cadre des élections présidentielles. Mais pas cette année : à l’instar de nombreux ouvriers, il a voté pour Trump. Cleveland, Ohio. 28 avril 2017.
Geneva Oconnor, vétéran de l’armée, emmène sa carte d’identité partout où elle va. Elle a été arrêtée de nombreuses fois par des agents de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement, qui l’ont souvent prise pour une Mexicaine – bien qu’elle soit Amérindienne. Elle aime dire qu’elle est bien plus Américaine qu’eux. Elle a voté pour Clinton. San Antonio, Texas. 17 février 2017.
Angela Anderson, qui vend ici des cadeaux de Saint Valentin dans son quartier, a participé au dépouillage des votes. Elle vient de la même ville que les Colvin. Elle a voté pour Clinton. Pahokee, Floride. 4 février 2017.
Ray Paredes est manager dans un centre de soins et clown à temps partiel. Du fait de sa connaissance du système de santé américain, il ressentait un besoin de changement. Il a voté pour Trump. Alpine, Texas. 3 mars 2017.



Jessi Bergkvist, 26 ans, est une mère célibataire qui a trois filles âgées de moins de quatre ans. Elle est fière de les élever seule, et occupe pas mal de petits boulots, en plus de nettoyer des maisons. Elle a voté pour Trump. Pie Town, Nouveau-Mexique. 8 mars 2017.
Alicia et Allen Alejandro, deux jeunes mariés, sèchent les cours en flânant sur les rives du Rio Grande. Ils ont voté pour Clinton. Chapeno, Texas. 28 février 2017.
Lilly Elkin, étudiante en science de l’environnement, avec ses serpents Eago et Cleo. Elle est quelque peu sceptique quant aux problématiques liées au réchauffement climatique. Elle a voté pour Trump. Memphis, Tennessee. 1er avril 2017.



Un nouveau scandale pour François Fillon

Déclaration de François Fillon depuis son QG de campagne à Paris, France, le 1er Mars 2017.

Ca n’arrête pas pour François Fillon. Alors qu’il a annoncé sa convocation devant les juges d’instruction le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen, de nouvelles révélations l’accablent encore d’avantage.

Les scandales n’arrêtent pas pour François Fillon. Ce mercredi 1er mars, le candidat à la présidentielle a annoncé sa convocation devant les juges d’instruction le 15 mars prochain en vue d’une mise en examen, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’attachés parlementaires occupés par son épouse Penelope Fillon et leurs enfants. L’ex-Premier Ministre se maintient malgré tout dans la course à la présidentielle.



Mais pour combien de temps ? Ce mercredi, une nouvel élément vient accabler François Fillon, pourtant déjà bien embourbé dans les scandales. Selon les informations du siteBuzzFeed, une certain Mael Regnard a été employé en tant qu’attaché parlementaire de François Fillon, de 2013 à 2015. Il s’agirait en réalité de Maël Renouard, écrivain et plume de l’ex-Premier Ministre, qui a co-écrit son livre « Faire ».

A l’Assemblée nationale, l’auteur n’a vraisemblablement pas marqué les esprits, selon les témoignages repris par BuzzFeed. Lui-même a toujours été très discret quant à ce poste lors des interview qu’il a accordées. Interrogé par le média durant une conférence à laquelle il participait, Maël Renouard a donné de vagues précisions sur les tâches qu’il exécutait durant cette période où il était attaché parlementaire : « je faisais ce qu’on me demandait… J’écrivais des choses pour lui ». Affaire à suivre.

Emmanuel Macron a dormi sur un lit de camp à Saint-Martin

Le chef d’État français s’est rendu aux Antilles, ces îles des Caraïbes ravagées par l’ouragan Irma le 6 septembre dernier. Il a commencé sa visite à l’île de Saint-Martin et s’est fondu dans la masse en dormant dans un lit de camp comme les rescapés de l’île.

 

Le 12 septembre dernier, Emmanuel Macron s’est adressé à la presse en affirmant qu’il  vivrait comme les habitants en arrivant aux Antilles. Il a tenu parole puisqu’il n’a pas séjourné dans un palace ou à l’hôtel une fois sur l’île de Saint-Martin. Il a préféré dormir sur un lit de camp dans la gendarmerie de l’île après avoir prêté mains fortes à ses forces de l’ordre. Il a renoncé au confort de l’Élysée et a rappelé au monde qu’il était un Français comme un autre. Il a donc vécu la vie des rescapés, en se douchant avec un seau d’eau et en se servant d’un autre seau d’eau pour les toilettes, selon Le Lab d’Europe 1



.

Emmanuel Macron a tenu à montrer qu’il est un président « proche du peuple ». Pourtant, la plupart de la population pense qu’il a mis trop de temps à réagir face aux ravages de l’ouragan Irma aux Antilles. Lucile, une infirmière à Saint-Martin, lui a dit à son arrivée qu’il n’avait pas besoin de venir mais qu’il aurait dû envoyer plus de secours. Le président français se rendra à Saint-Barthélemy ainsi qu’au CHU Guadeloupe après être passé à Saint-Martin. Que pensez-vous de son geste ?